"L'écologie est à renconstruire dans la majorité présidentielle. Valeur écologie doit être entendue"
Mis à jour (Mercredi, 24 Mars 2010 18:20)
Force est de prendre acte que les électeurs d'Europe Ecologie ont tous voté pour la gauche.
La stratégie environnementale de l'UMP, qui a essentiellement consisté à faire son marché dans le panier des Verts, a donc échoué.
De son coté, le parti socialiste va être confronté à des choix difficiles et devra mieux afficher ses arbitrages entre son productivisme naturel et l’environnementalisme naïf des Verts. Europe Ecologie ne fait pas un poids suffisant pour contrebalancer les tendances séculaires du parti socialiste. "les ennuis commencent" déclarait lucidement Dany Cohn-Bendit dès le soir des élections. Il refuse toutefois de voir la contradiction entre se faire le chantre d'une troisième voie et proposer dans le même temps une primaireprésidentielle à la gauche institutionnelle regroupée à nouveau autour du parti socialiste.
Mais, pour la majorité présidentielle, il va falloir reconstruire une écologie "à" droite et au centre plutôt que de proclamer une écologie de droite. Car, si la droite et le centre doivent s'approprier l'écologie, ce qui est d'autant plus aisée que l'écologie est en réalité née assez largement dans leurs rangs, cette écologie vraie s'adresse à tous les électeurs.
L’analyse plus fine des résultats parle d'elle-même. Ainsi, alors que le Front national est encore présent au second tour, Philippe Richert, un écologiste pragmatique de toujours, fait presque la majorité absolue des suffrages dans la région berceau de l'écologie. Résultat constrastant avec celui du Nord par exemple.
il apparaît donc que l’alliance Rose-Verte se fait sur la base d’une écologie productiviste, naïvement antinucléaire, anti régulatrice et plutôt normative et culpabilisante, très largement inféodée aux intérêts gaziers et charbonniers contraire à ceux de notre pays comme de l’ensemble du bloc méditerranéen.
La véritable écologie n’a donc pas trouvé à s’exprimer.
Nous étions nombreux à avoir espéré que la majorité présidentielle saurait prendre le virage de la modernité et des vrais enjeux de la défense du pays et de l’Europe face à la mondialisation.
Beaucoup d'entre nous avons récemment adhéré à Valeur écologie pour reconstruire le socle d'une écologie décomplexée, pragmatique, humaniste, plus bleue d'espérance que verte de peur et respectueuse de la liberté autant que faire se peut dans un monde où montent toutes sortes d'urgence dans l'action.
Tout est donc à refaire. Mais tout est là.
Il ne nous reste plus qu'à faire preuve de courage et à exiger d'être enfin pleinement entendu.
Patrice HERNU
Président du réseau France bleue
membre du comité de Valeur Ecologie
(déclaration contributive au débat dans la perspective de la réunion prochaine des organes de direction du mouvement)



