L'opération "Mars bleu" pour sensibiliser au dépistage du cancer colorectal
Mis à jour (Mercredi, 02 Mars 2011 15:22)
Le mois de mars se colore avec l'opération "Mars bleu". Depuis 2008, il est le mois de mobilisation nationale contre le cancer colorectal. Public visé : les hommes et les femmes âgés de 50 à 74 ans. Tous les deux ans, 17 millions de personnes sont invitées à se faire dépister. En faisant un test de recherche de sang dans les selles tous les deux ans, suivi d’une coloscopie en cas de positivité du test, il est possible de diminuer de 15 à 20 % la mortalité par cancer colorectal(1) .
Le bénéfice du diagnostic précoce s’avère particulièrement important pour le cancer colorectal. Lorsque celui-ci est détecté à un stade précoce(2), le taux de survie à 5 ans après le diagnostic dépasse alors 90 %. Depuis 2003, la mise en oeuvre du programme a permis de dépister plus de 13 500 cancers.
Ce dépistage est encore récent en France. L'objectif est de fidéliser la population-cible afin qu’elle renouvelle le test deux ans après la réalisation du premier. Toutefois, la notoriété de ce dépistage est en nette progression : environ 90 % des personnes en 2009 déclaraient connaître l’existence d’un dépistage du cancer colorectal, soit 8 points de plus qu’en 2005.
Le dispositif est renforcé auprès de populations spécifiques. En 2011, le dispositif est renforcé auprès de certaines populations moins sensibles au message de dépistage : les hommes, en particulier les 50-54 ans, les populations d’origine migrante et les populations en situation de vulnérabilité.
Le programme représente un coût global de 70 millions d’euros en 2010 pris en charge par le ministère de la Santé et l’Assurance maladie.
Les médecins généralistes au cœur du dispositif
Les médecins traitants sont chargés de définir le niveau de risque de cancer colorectal pour l’ensemble de leurs patients de 50 à 74 ans et de leur remettre le test de recherche de sang dans les selles. L'implication des médecins généralistes se met en place progressivement depuis la généralisation du dépistage en 2009. Aujourd’hui, 34 % des médecins généralistes déclarent vérifier systématiquement le dépistage.
Zoom sur...
Plus de 5 millions de Français ont adhéré au dépistage organisé du cancer colorectal en 2009-2010 Près de 17 millions de personnes de 50 à 74 ans ont été invitées à se faire dépister en 2009-2010. La participation nationale est de 34 % ; elle est plus élevée chez les femmes (36,5 %) que chez les hommes (31,4 %).
La participation au dépistage organisé est inégale selon les régions : le taux le plus élevé est enregistré pour la Bourgogne (52,4 %) et le plus faible pour la Réunion (23,5 %). A titre de comparaison, le taux d’efficience en termes de participation au niveau européen est estimé à 45 %.
Avec près de 40 000 nouveaux cas estimés en 2010, le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent, derrière le cancer de la prostate (71 500 nouveaux cas) et le cancer du sein (52 500 cas). Il est la deuxième cause de mortalité par cancer en France après le cancer du poumon avec environ 17 400 décès estimés en 2010.



